Stéphane Allix, journaliste

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Vous connaissez sans doute Stéphane Allix grâce à sa série de documentaires « Enquêtes extraordinaires » diffusée sur M6 en 2010 et 2013.  Des documentaires traitant des différentes thématiques du paranormal et des phénomènes inexpliqués avec intelligence et humilité. Stéphane Allix dédie sa vie à l’étude des phénomènes inexpliqués depuis désormais 10 ans, et a cofondé en 2007 l’INREES – Institut de Recherche sur les Expériences Extraordinaires- qui a pour objectif d’aider à faire avancer les connaissances sur certains sujets mal compris ou méconnus. Journaliste, écrivain et réalisateur, Stéphane Allix nous propose une nouvelle approche au coeur du paranormal permettant ainsi de poser un tout autre regard sur des phénomènes que nous ne pouvons encore expliquer. J’ai depuis des années une grande reconnaissance pour le travail effectué par Stéphane Allix, dont je m’inspire au quotidien. C’est une grande chance d’avoir pu l’interviewer et c’est avec une joie non dissimulée que je vous propose cette interview.

Paranormalife: Bien avant que vous ne vous impliquiez dans l’étude des phénomènes inexpliqués, vous avez été Reporter de guerre pendant presque 15 ans. Une période qui a sans doute laissé peu de place aux croyances face aux tragédies qui vous entouraient. Vous demandiez-vous déjà à l’époque si il y’avait une vie après la mort ?

Stéphane Allix: Pas vraiment, la question de la mort ne réveillait pas particulièrement d’intérêt en moi à l’époque. Je m’intéressais aux questions géopolitiques, notamment en Asie, et les zones de conflit sur lesquelles je me suis rendu — beaucoup en Afghanistan, mais aussi en Somalie, au Cachemire, etc. — étaient pour moi alors des espaces où je me confrontais à la réalité la plus crue, la plus brutale qui puisse être. A l’époque je cherchais une spiritualité qui puisse aussi s’appliquer à ces espaces rudes et dangereux. Et je considère toujours aujourd’hui qu’une vision du monde et de la réalité n’est « juste » que si elle s’applique autant à nous, riches occidentaux préservés, qu’aux Afghans, aux Syriens, etc. A ces milliards d’êtres humains qui sur la planète, sont très loin de vivre dans les conditions de luxe dans lesquelles nous vivons. Nous ne cessons de nous plaindre de tout, continuellement… alors qu’à quelques heures d’avion, dans n’importe quelle direction, des hommes, des femmes, des enfants vivent dans conditions à peine concevables.

P: Puis en 2001 vous perdez votre frère alors que vous étiez tous deux en Afghanistan. On apprend dans votre livre La mort n’est pas une terre étrangère comment est survenu le processus de deuil et la difficile acceptation de la mort d’un proche. Cela a-t-il été le déclic pour entreprendre vos recherches des phénomènes inexpliqués ?

S.A: Oui, sans conteste. De voir le corps de mon frère mort, devant moi, de le toucher, a rendu la mort réelle. Au-delà de mon cas, je pense que pour chaque personne touchée par un deuil ou une maladie, au-delà de la souffrance et du drame, il se passe dans ce moment quelque chose d’une intensité inouïe qui nous oblige à voir la vie différemment. C’est dur, atroce même, mais précisément cette violence nous oblige à sortir de notre confortable quotidien dans lequel nous pouvons ne jamais nous poser de grandes questions : que se passe-t-il après la mort ? Qu’est ce que je fais là ? Quel est le sens de tout cela ? En général, ces questions viennent souvent trop tard. Je dois à la mort de mon frère de me les être posé à 34 ans.

P: Vous avez ensuite fondé l’INREES en 2007, comment a germé ce projet et quelles ont été les motivations qui vous ont permis de le mettre en application ?

S.A: L’envie que mon travail sur les phénomènes extraordinaires puisse avoir une utilité au-delà de mon activité de journaliste et d’écrivain. Que des professionnels de santé puissent être sensibilisés à ces sujets, que démarre en France une prise de conscience que ces phénomènes n’étaient pas juste « rien », mais que l’extraordinaire est au cœur de nos vies et que la science n’a pas répondu aux questions géniales que sont : y-a-t-il une vie après la mort ? Les esprits existent-ils ? Sommes nous seuls dans l’univers ? Un monde invisible existe-il ? etc. Aujourd’hui, l’INREES est un espace d’information reconnu. Il y a le site d’information gratuit, mais aussi le magazine Inexploré que j’ai fondé en 2008, et puis toutes ces conférences que nous organisons régulièrement. J’invite ceux que ne connaissent pas à visiter notre site : www.inrees.com

P: Les téléspectateurs vous connaissent surtout grâce à votre série de documentaires « Enquêtes extraordinaires » diffusée sur M6. Vous y abordez les différentes thématiques du paranormal et de l’inexpliqué tout en gardant un certain recul, une certaine neutralité qui permet à chacun d’avoir son libre arbitre. Quelle thématique des phénomènes inexpliqués vous passionnent le plus ?

S.A: Ce qui se passe après la mort, et l’existence d’autres formes d’intelligences autour de nous et ailleurs dans l’univers. Je crois que nous disposons aujourd’hui de suffisamment d’éléments objectifs démontrant que nous ne sommes pas seuls. Ne pas être curieux de ces questions est pour moi incompréhensible, et relève d’une attitude de déni irrationnelle.

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P: On constate que la France reste un pays relativement fermé à l’inexpliqué, sans parler de tabou, mais il y’a comme une sorte de désintérêt pour le paranormal. L’avez-vous constaté ? Comment l’expliquez-vous ? 

S.A: Je pense que cela est du à une méconnaissance de ces sujets. Une majorité de personnes qui se disent sceptiques le sont parce qu’elles n’ont eu accès qu’à des émissions qui traitent ces sujets comme s’il s’agissait de divertissement. A partir du moment où on leur donne accès à des enquêtes sérieuses et ouvertes, comme je le fais avec M6 ou dans mon magazine Inexploré, la plupart changent d’avis, et montrent beaucoup d’intérêt. Je suis très optimiste. Et je suis confiant dans l’intelligence des gens.

PAu cours de vos recherches, vous avez rencontré des centaines de personnes, tout milieu confondu, quelles sont les personnes qui ont été une inspiration ?

S.A: Il y en a beaucoup. De manière générale, ce qui me bouleverse le plus ce sont les témoignages de personnes ayant vécu une expérience extraordinaire, quelle qu’elle soit. Face à une personne qui a vécu quelque chose, on sent la sincérité, l’émotion, l’impact qu’a eu cette expérience sur elle. Et lorsque l’on écoute vraiment ces gens, on ne peut manquer d’être profondément troublé.

P: Avez-vous, vous-même, déjà été sujet à une expérience dite paranormale ?

S.A: Non, pas vraiment, même si après la mort de mon frère j’ai eu des expériences de l’ordre du ressenti, dont je parle d’ailleurs dans La mort n’est pas une terre étrangère.

PAprès tant d’années de recherches, pensez-vous qu’il y’ait une survivance de l’âme ou de conscience après la mort ?

S.A: Oui, mais pour moi aujourd’hui, loin d’être une réponse, cette « sensation » que la vie se poursuit après la mort ouvre tellement d’interrogations ! Qu’est ce qui survit à la mort du corps ? Je suis déjà une personne si différente entre maintenant et le moment où j’avais huit ans par exemple. Je suis tellement différent, je garde si peu de souvenir de cet âge ! Pourtant, j’étais la même personne, dans le même corps… Voilà la question qui aujourd’hui me fascine : qui suis-je vraiment ? Quelle « partie » de moi est immortelle ? Quand y ai-je accès dans ma vie quotidienne ?

PJ’aimerais conclure tout d’abord en vous remerciant, pour vos réponses à cette interview mais aussi pour les recherches que vous effectuez au travers d’une approche intelligente et d’un regard cartésien qui ouvre la porte aux possibilités. Pourrons-nous vous retrouver prochainement au sein d’une nouvelle série de reportages « Enquêtes extraordinaires » ou d’un tout autre projet ?

S.A: Dans quelques semaines, je vais revenir à ce qui constitue le cœur du métier de journaliste que j’ai le bonheur d’exercer depuis plus de 25 ans : l’écriture. Je prévois de consacrer un large part de cette année 2014 à écrire mon prochain livre. Il sera le fruit de mes réflexions, de mes rencontres, et de mes expériences personnelles autour, notamment, de la conscience. A côté de cela, j’ai la chance de travailler avec une équipe merveilleuse sur l’espace INREES, et le magazine Inexploré. Par ailleurs, quatre nouveaux titres sortiront dans la collection « expériences extraordinaires » dont je m’occupe avec les éditions de La Martinière. Un ouvrage sur la voyance et un sur le chamanisme en mai, un sur la réincarnation et un sur les enfants et le surnaturel en octobre. D’autre part, je vais aussi publier chez Dunod en avril prochain le dernier livre de Dean Radin, Superpouvoirs, Science et yoga : enquête sur les facultés extraordinaires de l’homme. Chez Dervy enfin, je publierais en mars le livre de la journaliste américaine Leslie Kean sur le sujet des OVNIS. Quant à la télévision, le coffret de la saison 2 d’Enquêtes extraordinaires sortir en février chez Montparnasse Editions. Comme vous le voyez, une riche année à venir.

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